Déposer un nom de marque
la procédure INPI étape par étape
Vérifications, classes, coûts et délais : le guide précis pour protéger le nom de votre activité auprès de l’INPI.
Déposer un nom de marque en France se fait en ligne auprès de l’INPI. Il faut d’abord vérifier que le nom est disponible (recherche d’antériorité), choisir les classes de produits et services concernés, puis déposer la demande. Le tarif officiel démarre à 190 € pour une classe, avec 40 € par classe supplémentaire. La protection dure 10 ans, renouvelable.
- Pourquoi déposer : obtenir un monopole d’exploitation et le droit d’interdire la copie.
- Vérifier d’abord : la disponibilité du nom, via une recherche d’antériorité.
- Choisir les classes : uniquement celles que l’on exploite ou va exploiter.
- Déposer en ligne : tout passe par le site de l’INPI.
- Coût et délai : à partir de 190 €, certificat en cinq à six mois environ.
Un nom de marque qui n’est pas déposé n’appartient à personne — ou, plus exactement, il appartient au premier qui le déposera. Pour une entreprise, c’est un risque concret : voir un concurrent enregistrer le nom qu’on a créé, et devoir tout changer. Déposer une marque auprès de l’INPI règle ce problème en donnant un droit clair sur un signe distinctif. La démarche est accessible et se fait entièrement en ligne, mais elle suppose quelques vérifications et choix précis. Voici la procédure complète, étape par étape, avec les coûts, les délais et les pièges à éviter.
Pourquoi déposer un nom de marque ?
Une marque est un signe — le plus souvent un nom, parfois accompagné d’un logo — qui permet de distinguer vos produits ou services de ceux des autres. Le dépôt transforme ce signe en droit de propriété industrielle. Concrètement, il vous accorde un monopole d’exploitation sur le territoire et pour les catégories de produits ou services que vous avez visées. Vous pouvez alors interdire à un tiers d’utiliser un nom identique ou trop proche pour une activité similaire.
Sans dépôt, la protection est très faible. Le simple fait d’utiliser un nom ne crée pas, en principe, de droit opposable : en cas de copie, les recours sont limités et incertains. À l’inverse, une marque déposée est un actif de l’entreprise, qui se valorise, se cède et se transmet. Pour un commerce, une start-up ou un indépendant qui investit dans sa notoriété, le dépôt n’est pas une formalité accessoire : c’est la base juridique de tout ce qui suivra.
Avant de déposer
les vérifications indispensables
Choisir un nom valable
Tous les noms ne sont pas protégeables. Pour être valide, une marque doit d’abord être distinctive : elle ne peut pas se contenter de décrire le produit. « Pain » pour une boulangerie ou « Rapide » pour un service de livraison seront refusés ou très fragiles, car ils sont descriptifs ou génériques. Le nom doit aussi être licite — ni trompeur, ni contraire à l’ordre public — et, surtout, disponible.
La recherche d’antériorité
C’est l’étape que l’on saute trop souvent, et celle qui coûte le plus cher quand on la néglige. La recherche d’antériorité consiste à vérifier qu’aucune marque identique ou similaire n’existe déjà pour des produits ou services proches. L’INPI permet une recherche à l’identique gratuite sur ses bases. Mais le vrai risque vient des similarités : un nom approchant, dans la même classe, peut suffire à déclencher une opposition. Une recherche de similarités, payante, est donc vivement conseillée. Il est également prudent d’étendre la vérification aux dénominations sociales et aux noms de domaine, pour ne pas se heurter à un droit existant après coup.
Un nom déjà pris, même seulement proche, expose à une opposition lors de la publication ou à une action en justice après l’enregistrement. La recherche d’antériorité est le meilleur moyen d’éviter de devoir tout reprendre après avoir investi dans une identité.
Choisir les bonnes classes (classification de Nice)
Une marque ne se dépose jamais « pour tout » : elle se dépose pour des catégories précises de produits et services, appelées classes. La classification internationale de Nice en compte 45 — les classes 1 à 34 couvrent des produits, les classes 35 à 45 des services. On choisit les classes qui correspondent à son activité réelle, présente ou planifiée à court terme.
La tentation de cocher large est compréhensible, mais coûteuse et risquée. Chaque classe supplémentaire augmente la redevance, et une marque déposée dans des classes que l’on n’exploite pas s’expose à une déchéance pour non-usage au bout de cinq ans. Mieux vaut cibler juste que ratisser large.
| Classe | Type | Exemples d’activités |
|---|---|---|
| 25 | Produits | Vêtements, chaussures, accessoires textiles |
| 35 | Services | Publicité, gestion commerciale, vente, marketing |
| 41 | Services | Formation, édition, animation, événementiel |
| 42 | Services | Informatique, logiciel, conception et design |
| 43 | Services | Restauration, hébergement |
Ce tableau ne couvre que quelques classes parmi les plus fréquentes. La liste officielle complète, avec le détail des produits et services rattachés à chaque classe, est consultable sur le site de l’INPI : c’est elle qui fait foi au moment du dépôt.
La procédure de dépôt, étape par étape
Une fois le nom vérifié et les classes choisies, le dépôt lui-même est relativement simple, et entièrement dématérialisé.
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Créer un compte sur inpi.fr
Le dépôt se fait exclusivement en ligne, depuis un espace personnel sur le portail de l’INPI.
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Remplir le formulaire de dépôt
Identité du déposant, représentation de la marque (le nom, et le logo le cas échéant), puis la liste des produits et services classe par classe.
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Régler la redevance
Le paiement valide la demande. Le montant dépend du nombre de classes retenues.
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Examen et publication au BOPI
L’INPI accuse réception, attribue un numéro national, examine la demande puis la publie au Bulletin officiel de la propriété industrielle.
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Délai d’opposition puis enregistrement
La publication ouvre une période pendant laquelle des tiers peuvent s’opposer. Sans opposition ni objection, la marque est enregistrée et le certificat délivré.
Combien ça coûte et combien de temps ça prend
Les tarifs officiels de l’INPI sont publics et fixés par redevance. Le dépôt démarre à 190 € pour une classe, auxquels s’ajoutent 40 € par classe supplémentaire. La recherche de similarités, recommandée, représente un coût additionnel de l’ordre de 50 € jusqu’à trois classes. À l’autre bout de la vie de la marque, le renouvellement coûte 290 € pour une classe, plus 40 € par classe supplémentaire. Ces montants sont ceux en vigueur à la date de publication de cet article ; comme ils évoluent, il est prudent de les vérifier directement sur inpi.fr avant de déposer.
Côté délai, comptez environ cinq à six mois entre le dépôt et la réception du certificat d’enregistrement, à condition qu’aucune opposition ni objection ne vienne ralentir la procédure. La protection, elle, prend effet dès la date du dépôt : c’est cette date qui fait foi en cas de conflit, et non celle de l’enregistrement définitif. Déposer tôt, dès que le nom est arrêté, a donc une vraie valeur stratégique.
Après le dépôt
durée, surveillance et renouvellement
Une marque enregistrée est protégée pour dix ans à compter de son dépôt. Cette protection est renouvelable indéfiniment, par périodes successives de dix ans. Mais l’enregistrement n’est pas une fin en soi : il ouvre une phase de gestion. Il faut d’abord exploiter la marque, sous peine de déchéance pour non-usage après cinq ans. Il faut ensuite la surveiller : repérer les dépôts concurrents qui s’en rapprochent et, le cas échéant, former opposition pendant le délai prévu. Il faut enfin penser à renouveler à temps, faute de quoi le droit s’éteint et le nom retombe à la disposition de tous.
Si l’activité dépasse les frontières, la protection française ne suffit plus. Deux voies existent alors : la marque de l’Union européenne, déposée auprès de l’EUIPO pour couvrir l’ensemble des États membres, et le système international dit de Madrid, qui permet d’étendre une marque à de nombreux pays à partir d’un dépôt de base. Ces démarches ont leurs propres coûts et règles, mais elles reposent sur les mêmes principes que le dépôt national.
Les erreurs fréquentes à éviter
Les déboires en matière de marques se ressemblent souvent. La première erreur est de sauter la recherche d’antériorité, et de découvrir trop tard qu’un nom proche existait déjà. La deuxième est de choisir un nom descriptif, séduisant mais impossible à défendre. La troisième est de mal cibler les classes, en oubliant une activité importante ou, au contraire, en en cochant trop. La quatrième est d’oublier le renouvellement, et de laisser tomber dans le domaine public une marque construite pendant des années.
Une dernière confusion mérite d’être levée : marque, dénomination sociale et nom de domaine sont trois protections distinctes. Déposer sa marque ne réserve pas automatiquement le nom de domaine correspondant, ni la dénomination sociale au registre du commerce — et inversement. Sécuriser un nom suppose souvent d’agir sur les trois fronts en même temps.
À retenir avant de déposer
Déposer un nom de marque tient en une logique simple : un nom distinctif, une recherche d’antériorité sérieuse, des classes ciblées, puis un dépôt en ligne auprès de l’INPI. Le tarif démarre à 190 €, la protection dure dix ans et se renouvelle. Pour un dépôt simple, la démarche est à la portée de tout entrepreneur. Pour les enjeux importants — marque stratégique, risque de litige, projet international — l’accompagnement d’un avocat ou d’un conseil en propriété industrielle reste un investissement raisonnable.
Combien coûte le dépôt d’une marque à l’INPI ?
Le tarif officiel démarre à 190 € pour une classe de produits ou services, avec 40 € par classe supplémentaire. À cela peut s’ajouter une recherche de similarités, de l’ordre de 50 € jusqu’à trois classes. Ces montants évoluant, il est prudent de les vérifier sur inpi.fr avant de déposer.
Combien de temps une marque est-elle protégée ?
Une marque est protégée pour dix ans à compter de la date de dépôt. Cette protection est renouvelable indéfiniment, par périodes de dix ans, à condition de procéder au renouvellement dans les délais et de continuer à exploiter la marque.
La recherche d’antériorité est-elle obligatoire ?
Non, elle n’est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée. C’est elle qui réduit le risque de déposer un nom déjà pris et de subir une opposition ou une action en justice. La recherche à l’identique est gratuite sur les bases de l’INPI ; la recherche de similarités est payante.
Peut-on déposer une marque soi-même ?
Oui. Le dépôt se fait en ligne sur le site de l’INPI, et un entrepreneur peut le réaliser seul pour un cas simple. Pour les situations sensibles — concurrence forte, nom à risque, stratégie internationale — l’appui d’un avocat ou d’un conseil en propriété industrielle est vivement conseillé.
Marque, dénomination sociale et nom de domaine, est-ce la même chose ?
Non, ce sont trois protections différentes. La marque protège un signe pour des produits et services ; la dénomination sociale identifie l’entreprise au registre du commerce ; le nom de domaine réserve une adresse sur internet. Déposer l’un ne protège pas automatiquement les autres.
Une marque, c’est un actif qu’on construit autant qu’on protège — le dépôt n’en est que la première brique.