Artisan dans son atelier de menuiserie utilisant un ordinateur portable, assis près de son établi
Entreprise · Création

Création d’une auto-entreprise

le guide étape par étape

Conditions, démarche sur le guichet unique, SIRET, cotisations et plafonds : tout ce qu’il faut savoir pour se lancer.

Réponse rapide

Créer une auto-entreprise se fait en ligne, gratuitement, sur le guichet unique des formalités des entreprises géré par l’INPI. Après quelques pièces justificatives et une déclaration de début d’activité, on reçoit un numéro SIRET sous quelques jours à quelques semaines. « Auto-entreprise » et « micro-entreprise » désignent le même régime.

  • Même chose : auto-entrepreneur = micro-entrepreneur, un régime simplifié de l’entreprise individuelle.
  • Une seule porte : la création passe par le guichet unique de l’INPI (procedures.inpi.fr), gratuitement.
  • Après le SIRET : déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF, même à zéro, et payer ses cotisations dessus.
  • À surveiller : les plafonds du régime et, séparément, les seuils de franchise de TVA — vérifiables sur les sites officiels.

L’auto-entreprise reste la voie la plus simple pour se lancer seul, tester une activité ou compléter un revenu. La création est aujourd’hui entièrement en ligne, gratuite, et passe par un guichet unique. Le plus délicat n’est pas la démarche elle-même — elle se fait en une session — mais de comprendre dans quoi on s’engage : ce que recouvre le régime, ce qui se déclare ensuite, et où se situent les plafonds. Un point d’attention valable d’emblée : les seuils et montants évoqués ici évoluent régulièrement, et les sources officielles restent la référence avant toute décision.

Auto-entreprise, micro-entreprise

le même régime

Première confusion à lever : « auto-entrepreneur » et « micro-entrepreneur » désignent aujourd’hui exactement la même chose. Le terme « auto-entrepreneur » date de la création du dispositif ; il a depuis été fondu dans le régime de la micro-entreprise. Que vous lisiez l’un ou l’autre, il s’agit du même statut.

Concrètement, l’auto-entreprise est un régime simplifié de l’entreprise individuelle. Simplifié sur deux plans surtout : une comptabilité allégée — on tient essentiellement un suivi des recettes — et des cotisations sociales calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, sans avance ni régularisation complexe. Pas de chiffre d’affaires un mois donné, pas de cotisations ce mois-là.

Le régime convient à une activité commerciale, artisanale ou libérale exercée en solo. Depuis la réforme du statut unique de l’entreprise individuelle, le patrimoine personnel de l’entrepreneur est en principe protégé et séparé de son patrimoine professionnel. Autre caractéristique structurante : tant qu’on reste sous les seuils de la franchise de TVA, on ne facture pas la TVA — un avantage de simplicité, mais aussi une limite à connaître.

Avant de se lancer

conditions et préparation

Avant la démarche en ligne, deux vérifications. La première porte sur la personne : il faut être majeur — ou mineur émancipé —, résider en règle et ne pas être dans une situation incompatible avec l’exercice d’une activité indépendante. La seconde porte sur l’activité : la plupart sont accessibles, mais certaines sont exclues ou soumises à conditions (activités agricoles relevant de la MSA, professions réglementées, activités nécessitant une qualification ou une autorisation). Mieux vaut le vérifier en amont.

Identité

Pièce d’identité et domicile

Une pièce d’identité en cours de validité et un justificatif de domicile récent. La connexion via FranceConnect facilite l’identification.

Déclaration

Non-condamnation

Une déclaration sur l’honneur de non-condamnation, attestant que rien ne s’oppose à l’exercice de l’activité visée.

Selon l’activité

Justificatif de qualification

Pour les métiers qui l’exigent (artisanat réglementé, par exemple), un justificatif de qualification ou de diplôme peut être demandé.

Créer son auto-entreprise via le guichet unique

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création, de modification et de cessation d’entreprise passent par un point d’entrée unique : le guichet unique des formalités des entreprises, géré par l’INPI, sur procedures.inpi.fr. Les anciens centres de formalités ne reçoivent plus ces déclarations. C’est donc là, et seulement là, que se crée officiellement une auto-entreprise.

  1. Créer son compte

    Sur le guichet unique, créez un compte ou connectez-vous via FranceConnect pour simplifier l’identification.

  2. Décrire l’activité

    Indiquez l’activité exercée et ses caractéristiques. C’est cette description qui détermine le rattachement et les taux applicables.

  3. Renseigner l’identité

    Complétez vos informations personnelles et l’adresse de l’entreprise, en veillant à leur exactitude.

  4. Déposer les pièces

    Téléversez les justificatifs préparés en amont : identité, domicile, non-condamnation, qualification si nécessaire.

  5. Valider et signer

    Vérifiez l’ensemble, validez et signez la déclaration. La demande est alors transmise aux organismes concernés.

Deux précisions évitent les erreurs courantes. D’abord, la formalité est gratuite : aucun paiement n’est requis pour créer une auto-entreprise. De nombreux sites tiers proposent de réaliser la démarche « à votre place » contre paiement — ce n’est jamais une obligation. Ensuite, le calendrier : la déclaration peut être déposée au plus tôt un mois avant le démarrage effectif, et au plus tard quinze jours après. Inutile de s’y prendre des mois à l’avance.

Après l’immatriculation

SIRET, cotisations, obligations

Une fois le dossier validé, l’auto-entreprise est immatriculée et reçoit son numéro SIRET. Le délai varie : comptez de quelques jours à quelques semaines selon la complétude du dossier. Ce numéro est indispensable pour facturer.

Vient ensuite la vie courante du régime, qui repose sur une obligation centrale : déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF, à l’échéance choisie — mensuelle ou trimestrielle —, même lorsqu’il est nul. C’est sur cette déclaration que sont calculées les cotisations sociales, en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Le taux dépend du type d’activité et s’applique uniquement à ce qui a réellement été encaissé.

S’y ajoutent quelques obligations pratiques. Au-delà d’un certain niveau de chiffre d’affaires maintenu dans la durée, un compte bancaire dédié à l’activité devient obligatoire ; en dessous, il reste vivement conseillé pour séparer les flux. Les factures doivent comporter les mentions légales attendues, et le suivi des recettes être tenu à jour. Rien de lourd, mais une régularité à installer dès le départ.

Plafonds, TVA et points de vigilance

C’est la partie où la prudence s’impose, car elle repose sur des chiffres qui évoluent. Le régime de la micro-entreprise est borné par des plafonds de chiffre d’affaires annuels, revalorisés périodiquement.

Type d’activitéPlafond annuel (ordre de grandeur 2026)Exemples
Vente de marchandises, hébergementEnviron 203 100 €Achat-revente, restauration à emporter, meublé de tourisme
Prestations de services, activités libéralesEnviron 83 600 €Conseil, artisanat de service, professions libérales non réglementées

En cas de dépassement, un seul franchissement ne fait pas perdre le régime. En revanche, un dépassement constaté deux années consécutives entraîne la sortie de la micro-entreprise l’année suivante, vers le régime réel de l’entreprise individuelle. Anticiper ce basculement évite les mauvaises surprises quand l’activité se développe.

Un piège fréquent mérite d’être isolé : la franchise de TVA possède ses propres seuils, distincts des plafonds du régime micro. On peut donc dépasser le seuil de franchise de TVA — et devoir facturer la TVA — tout en restant sous les plafonds du régime micro-entreprise. Les deux logiques ne se superposent pas, et ces seuils de TVA ont fait l’objet d’ajustements réglementaires récents : mieux vaut en vérifier les montants applicables directement auprès des sources officielles.

À vérifier avant de décider

Les plafonds, taux de cotisation et seuils de TVA évoluent régulièrement. Les montants donnés ici sont des ordres de grandeur destinés à comprendre le fonctionnement, pas des valeurs à reprendre telles quelles. Avant toute décision, confirmez les chiffres à jour sur urssaf.fr, service-public.fr et impots.gouv.fr.

Auto-entreprise et micro-entreprise, est-ce différent ?

Non, c’est le même régime. « Auto-entrepreneur » est l’ancien nom du dispositif, intégré depuis au régime de la micro-entreprise. Les deux termes sont aujourd’hui équivalents et renvoient au même statut simplifié de l’entreprise individuelle.

Combien coûte la création d’une auto-entreprise ?

La formalité de création sur le guichet unique de l’INPI est gratuite. Aucun paiement n’est exigé. Les services tiers payants qui proposent de s’en charger ne sont jamais obligatoires : la démarche officielle peut se faire seul, sans frais.

Combien de temps pour obtenir son SIRET ?

Cela va généralement de quelques jours à quelques semaines après la validation d’un dossier complet. Un dossier incomplet ou une pièce manquante rallonge le délai. Le SIRET est nécessaire pour commencer à facturer.

Quels sont les plafonds de chiffre d’affaires ?

En ordre de grandeur pour 2026, ils tournent autour de 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Ces montants étant revalorisés périodiquement, vérifiez les valeurs en vigueur sur les sites officiels.

Faut-il un compte bancaire dédié pour une auto-entreprise ?

Un compte dédié devient obligatoire au-delà d’un certain niveau de chiffre d’affaires maintenu dans la durée. En dessous, il n’est pas imposé, mais reste fortement conseillé : séparer les flux personnels et professionnels simplifie le suivi et les déclarations.

L’auto-entreprise se crée facilement et gratuitement, en ligne, via le guichet unique de l’INPI. La vraie exigence n’est pas dans la formalité initiale mais dans le suivi : déclarer son chiffre d’affaires à bonne échéance, garder un œil sur les plafonds, et distinguer le seuil du régime de celui de la TVA. Partir avec les bonnes informations officielles, dès le départ, est ce qui évite la plupart des déconvenues.